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«Le Repas»: une fête de la fraternité, lieu de la rencontre du Christ et de ses frères
L'Église, comme communauté et communion, est indissociable du «repas des frères» et de sa capacité sacramentelle à ouvrir l’homme au mystère de Dieu. Il ne s’agit pas d’un repas quelconque, simplement lié à la nécessité de manger et de boire. Mais il s’agit du geste que le repas accomplit, en reliant ceux qui le partagent, en instaurant entre eux un lien de solidarité et d’amour, en construisant une identité communautaire.
La pratique de Jésus
Quand il viendra, Jésus mangera et boira avec les
pécheurs, il s’invitera à leur table. C’est au cours d’un
repas qu’il laissera le «mémorial de sa mort et de sa
résurrection, dans l’attente de son retour».
Au long des siècles, tout cela s’est obscurci. Les
ritualismes, la mise à distance du sacré… et bien d’autres
raisons encore, nous ont fait perdre le sens, le goût de ces
origines merveilleusement humaines et communautaires du repas
fraternel, de sa grâce inventive aussi! Face à l’épuisement de
nos assemblées «pratiquantes», souvent très individualistes et
abstraites, ne faudrait-il pas hâter l’expérience-signe de
«l’agape», du repas fraternel dans sa dimension domestique où
l’accueil y est personnel et vrai, où l’amitié et ses
fidélités vécues dans le quotidien y deviennent authentiques,
où l’ouverture et la joie y font respirer un air de fête où
affleure le «Royaume» et sa grâce!
Les ecclesiola
N’est-ce pas dans le naturel de ces rencontres vraies que
nous pourrions reconstituer ces ecclesiola, ces cellules de
base, quartiers par quartiers dans les milieux urbains,
village par village dans les milieux ruraux, les chrétiens
s’invitant chez eux où ailleurs selon le nombre? Ces cellules
ne reconstitueraient-elles pas ce maillage cellulaire du corps
de l’Église devenu exsangue dans des organismes d’autant plus
vastes qu’ils sont vides ?
Deux ou trois
suffisent, dit l’Évangile (cf. Mt 18,20) !
Il faut que ces repas soient ceux de la proximité «rejoignable»,
connaissable. Dès que cela n’est plus possible à cause du
nombre, essaimer, diffuser, rayonner! Telle doit être la
joyeuse liberté de ces groupes. Cette attitude généreuse en
garantit le signe de «catholicité» et d’ouverture. Ne rien
faire contre ou à côté de l’Église ou des Églises. Au
contraire: y renvoyer! Car c’est dans l’esprit de l’Église des
apôtres que doivent s’enraciner ces cellules de vie et de
fraternel amour, afin de s’accomplir dans le corps de l’Église
qui est le Christ.
André Gouzes
Un extrait du livre "La
sagesse chrétienne un art de vivre"
de Michel Quesnel concernant les Repas de Fraternité.
Autres articles
- Extrait du Journal diocésain du diocèse de Sherbrooke (QC)
- Extrait du Bulletin de la Communauté St-Albert-le-Grand, Montréal
- Une entrevue avec Georges CONVERT
- Les enseignements tirés de la session du Repas Chrétien de Fraternité des 27 et 28 mars 2004


