Comment organiser un repas de fraternité :
qui est invité; qui préside et qui fait quoi; que mange-t-on;
quelle place fait-on aux prières, lectures, rites, silences,
échanges de paix, partages et autres prises de parole; où se
réunit-on et à quelle fréquence ? La formule n'est pas dictée
: libre à chaque groupe de l'établir, à l'intérieur de
quelques balises essentielles. Le repas de fraternité est-il
une addition à la célébration eucharistique dominicale ou la
remplace-t-il ? Est-il destiné à faire tomber les barrières
entre Églises chrétiennes, entre religions, ou entre
"pratiquants" et "distants" ? Est-il essentiel d'y accueillir
des exclus et des marginaux ? On te voit, la problématique
annoncée par le titre du livre s'élargit rapidement à un
éventail de préoccupations.
La session du week-end au Relais a été
instructive à cet égard : elle a fait ressortir la diversité
des attentes et des positions doctrinales des participants :
prêtres, religieuses, beaucoup do laïques exerçant une charge
dans un diocèse ou une paroisse, nombreux croyants engagés.
Ces gens, venus là parce que l'idée des repas de fraternité
les attirait, ont visiblement été comblés par l'expérience
qu'ils en ont faite, malgré cette diversité, perceptible dans
leurs Interprétations (au micro, une dame néanmoins heureuse a
déploré avoir manqué "sa messe", tandis qu'un monsieur a
déclaré avec conviction que ce repas lui tenait lieu
d'Eucharistie).
Les organisateurs auront eu raison de faire
valoir que 'c'est quand on partage un même pain qu'on devient
frères". Mais l'expérience ne va pas sans risque, et personne
ne souhaite se mettre en marge de l'Église institutionnelle
(la discrétion a donc entouré certains sujets). On a prôné la
souplesse et la liberté ainsi que te respect du cheminement
des particuliers. À distance de certaines discussions
génératrices de scissions, en tablant sur le réseautage pour
prévenir l'isolement et le sectarisme, on compte sur
l'expérience de terrain, génératrice de la future Église, pour
inventer les fonctions nécessaires à l'existence et à la durée
des groupes et trouver des lieux non académiques de formation
à la lecture priante de l'Évangile, à la liturgie, à
l'apprentissage de la vie en communauté. À vous de vous
retrousser les manches, nous a-t-on lancé. Ainsi le rappel
auquel nous avions eu droit au début de ces deux jours
aurait-il pu tout aussi bien servir d'envoi : l'Esprit pallie
notre faiblesse, non pas notre paresse.
Sous ta direction de Georges Convert.
Articles de Monique Morval, Guy Lapointe, Richard Guimond,
Odette Mainville, Sophie Tremblay, André Gouzes, André Myre
(et autres). Disponible au Relais (514-528-7033) et à la
Librairie des Éditions Paullnes, rue Saint-Denis (près de
Marianne).