Extrait du Bulletin de la Communauté

St-Albert-le-Grand, Montréal  (QC)

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"Le repas aujourd'hui... en mémoire de lui"

 

C'est le titre d'un livre lancé il y a quelques mots au Relais Mont-Royal, en même temps qu'un vidéo (Ce repas qui nous fait chrétiens") et un disque de prières et de chants ("Le repas, terre du Christ").

Ces premiers outils, ainsi que la session d'approfondissement et d'expérimentation qui a réuni près d'une centaine de personnes au Relais les 27 et 28 mars, sont destinés à la mise en œuvre d'une proposition : que les chrétiens d'aujourd'hui redécouvrent en petits groupes, dans un cadre domestique, les repas fraternels nourris d'Évangile (avec vin et fraction du pain) qui ont construit les premières communautés chrétiennes, te contexte est connu : pénurie de prêtres; paroisses regroupées; fidèles isolés, ne trouvant plus dans les célébrations — lorsqu'ils y ont accès — ni communauté, ni présence, ni nourriture pour leurs engagements.

Comment organiser un repas de fraternité : qui est invité; qui préside et qui fait quoi; que mange-t-on; quelle place fait-on aux prières, lectures, rites, silences, échanges de paix, partages et autres prises de parole; où se réunit-on et à quelle fréquence ? La formule n'est pas dictée : libre à chaque groupe de l'établir, à l'intérieur de quelques balises essentielles. Le repas de fraternité est-il une addition à la célébration eucharistique dominicale ou la remplace-t-il ? Est-il destiné à faire tomber les barrières entre Églises chrétiennes, entre religions, ou entre "pratiquants" et "distants" ? Est-il essentiel d'y accueillir des exclus et des marginaux ? On te voit, la problématique annoncée par le titre du livre s'élargit rapidement à un éventail de préoccupations.

 

La session du week-end au Relais a été instructive à cet égard : elle a fait ressortir la diversité des attentes et des positions doctrinales des participants : prêtres, religieuses, beaucoup do laïques exerçant une charge dans un diocèse ou une paroisse, nombreux croyants engagés. Ces gens, venus là parce que l'idée des repas de fraternité les attirait, ont visiblement été comblés par l'expérience qu'ils en ont faite, malgré cette diversité, perceptible dans leurs Interprétations (au micro, une dame néanmoins heureuse a déploré avoir manqué "sa messe", tandis qu'un monsieur a déclaré avec conviction que ce repas lui tenait lieu d'Eucharistie).

 

Les organisateurs auront eu raison de faire valoir que 'c'est quand on partage un même pain qu'on devient frères". Mais l'expérience ne va pas sans risque, et personne ne souhaite se mettre en marge de l'Église institutionnelle (la discrétion a donc entouré certains sujets). On a prôné la souplesse et la liberté ainsi que te respect du cheminement des particuliers. À distance de certaines discussions génératrices de scissions, en tablant sur le réseautage pour prévenir l'isolement et le sectarisme, on compte sur l'expérience de terrain, génératrice de la future Église, pour inventer les fonctions nécessaires à l'existence et à la durée des groupes et trouver des lieux non académiques de formation à la lecture priante de l'Évangile, à la liturgie, à l'apprentissage de la vie en communauté. À vous de vous retrousser les manches, nous a-t-on lancé. Ainsi le rappel auquel nous avions eu droit au début de ces deux jours aurait-il pu tout aussi bien servir d'envoi : l'Esprit pallie notre faiblesse, non pas notre paresse.

 

Sous ta direction de Georges Convert. Articles de Monique Morval, Guy Lapointe, Richard Guimond, Odette Mainville, Sophie Tremblay, André Gouzes, André Myre (et autres). Disponible au Relais (514-528-7033) et à la Librairie des Éditions Paullnes, rue Saint-Denis (près de Marianne).